LE CLUB EUROFORMULA : UN MONDE DE PASSIONNES

INTERVIEW : Jean-Pierre VILLESSOUBRE et Thomas VERNHES

Le Club EUROFORMULA est réservé aux élèves chevronnés ayant passés avec succès les différentes étapes des stages d’initiation et de perfectionnement. Au sein de l’encadrement technique et pédagogique des moniteurs, un challenge « amateur » est organisé sur l’année par l’équipe EUROFORMULA sur la base d’une rencontre mensuelle sur plusieurs circuits prestigieux comme Dijon, Le Vigeant, Le Ledenon, Le Bugatti...

Nous avons rencontré deux pilotes réunis par la même passion mais séparés par presque 60 ans !

Jean Pierre VILLESSOUBRE (72 ans), véritable encyclopédie des sports mécaniques, et Thomas VERNHES (15 ans), jeune espoir français dont l’objectif est d’accéder à la F1, nous parlent de leur passion au sein du Club EUROFORMULA.

Comment vous est venue cette passion du sport automobile et à quel âge avez-vous débuté ?
JPV : Mon père étant mécanicien, vers 10/12 ans j'ai été attiré par les voitures de course. La télévision n'existant pas, c'est à la radio, sur les ondes courtes, que j'arrivais à connaître les résultats des quelques courses. Il faut dire qu'à cette époque il y avait de nombreuses courses partout en France sur des circuits improvisés comme au bois de Boulogne, à Angoulême ....
En 1954, apprenti à la RATP, j'avais une carte de service qui me permettait d'aller partout dans la région parisienne où mon lieu de prédilection était les ateliers du sorcier Amédée GORDINI situés au le 2 boulevard Victor à Paris. Par la porte d'entrée je pouvais apercevoir les bolides qu'il construisait. Trop jeune pour avoir le permis, je prenais le train pour Montlhéry, Le Mans, Reims, pour voir s’affronter les FANGIO, MUSSO,CASTELLOTTI, MOSS, SCHELL, COLLINS, HAWTHORN….. dont je garde un souvenir ému pour leur courage de participer à des compétitions très meurtrières.
Ce n'est qu'en 1964, après la Marine Nationale et mes études à la Facultés des Sciences de Paris, que je passais mon permis de conduire et songeais à me lancer dans la compétition par le truchement du Volant Shell.
En 1967, sous les conseils éclairés de François CEVERT, je suivais les cours dispensés par les frères kNIGHT et Tico MARTINI. Mon parcours à ce volant s'est arrêté au virage du château d'eau à Magny-Cours, en demi-finale, suite à une sortie de piste éliminatoire. Par la suite, deux, trois fois par an, dans le cadre de l'école WINFIELD, j’ai participé à des stages en monoplaces, pour le plaisir, sans but de compétition, sauf avec moi-même.
Ce n'est qu'en 1997, lorsque l'école des frères KNIGHT a cessé son activité, que j'ai connu EUROFORMULA, et que j'ai participé au challenge que cette école de pilotage organise depuis.

TV : La passion du sport automobile m’est venue dès l’âge de 3 ans. Je regardais les GP de F1 le dimanche avec ma grand-mère. C’est elle qui m’a donné le virus car mes parents ne sont pas du tout portés sur les voitures et encore moins sur la compétition automobile. Devant ma ténacité tout au long des années, mes parents ont enfin acceptés de me faire faire un premier essai en karting de location alors que je n’avais que 7 ans. Depuis ce jour, je ne pense qu’à ça et mon seul objectif est de réussir à accéder à la F1. Six mois après mes premiers tours de roues, je participais à ma première course en mini kart et finissais 7ème sur 24 pilotes. Après ce résultat, mes parents ont décidés de m’aider à réaliser mon objectif. Alors que je n’avais que 11 ans et sur les conseils d’une personnalité des sports mécaniques, j’ai arrêté le karting après 4 ans de compétitions pour passer directement en monoplace. A 12 ans, je faisais ma première journée de roulage avec EUROFORMULA sur le circuit de la Châtre. Depuis maintenant 3 ans, je roule plus de 20 jours par an sur les principaux circuits français avec EUROFORMULA, dans le cadre d’une formation intensive.

Que vous a apporté l’école EUROFORMULA aussi bien sur le plan du pilotage que de la technique ?
JPV : Sur le plan pilotage, je n'ai pas trouvé un changement fondamental avec ce que j'avais appris au cours des années précédentes, les voitures ayant suivi l'évolution technique des véhicules de compétition. Par contre j'ai trouvé chez EUROFORMULA un suivi constant et sérieux de ses élèves, jeunes ou moins jeunes, lequel m'a permis de mieux appréhender et surtout de maitriser la vitesse de ses bolides. Il y a bien eu quelques sorties de route, la casse d'une MARTINI, mais rien de grave en somme. Au plan technique, le contact permanent avec les mécaniciens de l'école m'a permis de découvrir les spécificités des monoplaces, TATUS en particulier, et de mieux comprendre leur comportement. A mon âge, l'aspect technique en circuit n'a qu'une importance assez secondaire. Ce qui compte pour moi c'est de prendre du plaisir au pilotage des monoplaces.

TV : Avant de débuter en monoplace, j’ai passé une semaine dans les ateliers d’EUROFORMULA. Il paraissait indispensable à mes parents que je commence par en découvrir les différents éléments et leurs actions sur le comportement de la voiture. Ces trois dernières années passées avec EUROFORMULA m’ont permis de travailler en profondeur pour connaître tous les aspects techniques du pilotage, avec une approche pratique sur la piste. L’objectif n’était pas que je fasse bêtement les choses mais que je les ressente. J’avais interdiction de dépasser un certain régime moteur tant que tout n’était pas parfaitement maîtrisé. Je devais aussi apprendre à écouter et appliquer les consignes, même si elles étaient au détriment de la performance. Même si parfois j’avais envie d’appuyer sur l’accélérateur, les consignes étaient de maîtriser à basse vitesse puis augmenter la cadence dès que c’était parfaitement acquis. Le fait de rouler sur différents circuits m’a permis de travailler mon pilotage et d’apprendre très vite un nouveau circuit pour être performant le plus tôt

Décrivez nous vos sensations quand vous pilotez une monoplace et avez-vous envie de piloter autre chose ?
JPV : Le pilotage d'une monoplace c'est une bouffée d'adrénaline dans le véhicule le plus rébarbatif et inconfortable qui soit. J'ai toujours envie de rouler le plus vite possible mais il y a ce foutu instinct de conservation, qui grandit avec l'âge, lequel fait qu'au lieu de passer à fond dans une courbe je soulage à peine et inutilement la pédale de droite. Résultat quelques dixièmes perdus pour rien. En analysant mes résultats, je me dis que la prochaine fois...... Quant à piloter autre chose qu'une monoplace, oui, cela me tente et avec SMA cela m'arrive.

TV : Pour moi, piloter une monoplace procure une sensation indescriptible. Vous me direz que je ne connais pas grand-chose d’autre vu mon âge. Mais dès que je m’installe dans le baquet, je suis quelqu’un d’autre. Je suis dans mon élément. La sensation de faire corps avec la machine, de la sentir vibrer, la puissance qui en dégage dès que le moteur tourne, l’adrénaline de la maîtriser…
Je pense que seul un pilote peut comprendre ce que ressent un autre pilote lorsqu’il s’installe.

Donnez nous vos impressions sur le CLUB EUROFORMULA ?
JPV : Pour moi, le Club avec ses jeunes et ses moins jeunes est une cure de jouvence qui me fait oublier mon âge. Je souhaite qu'il continue encore longtemps, sous cette forme ou une autre, et qu'il me donne toujours le même plaisir que j'éprouve en m'y rendant. On se sent en sécurité même s’i l’on sait qu’il y a des risques.

TV : Je ne peux dire que du bien du Club car sans eux je n’en serais pas là. Ils ont toujours été derrière moi. Certains membres m’ont même soutenus financièrement. Je ne peux que les remercier. L’ambiance est très conviviale. Les membres recherchent la performance tout en se faisant plaisir, c’est une très bonne approche pour ceux qui veulent se faire plaisir, en toute sécurité, et qui veulent progresser, quelque soit leur âge.

Quels sont vos objectifs à moyen terme ?
JPV : Je n'ai pas d'objectifs à moyen terme mais à court terme seulement car j'ai mon avenir devant moi, lorsque je fais demi-tour ! Mon premier objectif est de conserver ma jeunesse d'esprit, de préserver mes facultés intellectuelles et physiques et surtout de ne pas régresser par rapport aux autres compétiteurs. Je regarde donc avec attention, à chaque épreuve du Challenge EUROFORMULA, quel est mon écart avec les meilleurs. Tant qu'il reste dans des limites acceptables et qu'il ne s'accroît pas trop, c'est le bonheur.

TV : Enfin revenir en compétition. La compétition me manque. L’ambiance, la pression, la course…
C’est quand même pour ça que je travaille dur. L’objectif pour 2012 est de participer à l’EUROCUP en FR 2.0 et à quelques courses toujours en FR 2.0 pour emmagasiner le maximum d’expériences.
2012 pour apprendre et 2013 pour gagner… Si on peut faire mieux, ce sera parfait. Je pense que je peux surprendre, mais les courses le diront.

Si Jean Pierre VILLESSOUBRE et Thomas VERNHES n’ont pas les mêmes ambitions ni les mêmes objectifs, ils n’en demeurent pas moins unis par le plaisir de piloter une monoplace et par l’envie de donner le meilleur d’eux même.

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